Les retards de paiement reculent lentement en France mais restent au-dessus de la moyenne européenne : selon l’Observatoire des délais de paiement, ils atteignaient 13,4 jours fin 2025, et moins d’une grande entreprise sur deux paie ses fournisseurs dans le délai légal.
- Rapport annuel 2025 de l’Observatoire remis le 23 septembre 2026 au ministre des PME, Serge Papin.
- Retards de paiement à 13,4 jours fin 2025, avec une amélioration à partir du second semestre.
- Sans ces retards, PME et microentreprises disposeraient de 13 milliards d’euros de trésorerie en plus.
- 1 290 entreprises ont vu leur cotation Banque de France dégradée en 2025 pour leurs pratiques de paiement.
Plan de l'article
Que contient le rapport de l’Observatoire ? #
L’Observatoire des délais de paiement réunit 80 membres issus de 35 institutions. Sa présidente, Virginie Beaumeunier, a remis le rapport 2025 à Serge Papin le 23 septembre 2026, et la Banque de France l’a publié le lendemain avec un communiqué au titre explicite : des résultats contrastés selon les acteurs.
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Le constat de fond est plutôt encourageant pour le secteur privé. Sur les données 2024 de la Banque de France, les délais clients et fournisseurs ont baissé de 1,5 jour. La part des entreprises qui paient dans le délai légal de 60 jours progresse de 2 points, côté clients comme côté fournisseurs, pour la quatrième année consécutive.
Mais la moyenne cache une queue de distribution qui se dégrade : les 10 % d’entreprises aux délais les plus longs ont vu leur situation empirer. Pour un service comptable, c’est souvent là que se concentre le risque, chez quelques clients qui pèsent lourd dans le poste créances.
Pourquoi les grandes entreprises sont-elles pointées du doigt ? #
C’est la catégorie qui respecte le moins la règle. Moins d’une grande entreprise sur deux paie dans les 60 jours, une proportion nettement inférieure à celle des autres tailles, ETI comprises. Le déséquilibre du rapport de force joue à plein : un sous-traitant hésite à réclamer des pénalités à son premier donneur d’ordre.
L’Observatoire chiffre le coût de ces pratiques pour les plus petits. Si les retards disparaissaient, les PME et microentreprises récupéreraient 13 milliards d’euros de trésorerie. Dans un contexte où les défaillances restent élevées, ce chiffre donne la mesure de l’enjeu pour le besoin en fonds de roulement des petites structures.
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Et la sphère publique, paie-t-elle mieux ? #
Le tableau est inégal. L’État affiche un délai global de paiement moyen de 15,9 jours, en légère hausse, en partie à cause de l’adoption tardive de la loi de finances pour 2026. Les collectivités locales s’améliorent légèrement, à 19,3 jours. Les deux restent sous le plafond réglementaire de 30 jours.
Les hôpitaux publics font figure de mauvais élèves : 71,3 jours en moyenne en métropole et jusqu’à 130,6 jours en outre-mer, pour un délai réglementaire de 50 jours. Pour les fournisseurs du secteur de la santé, la relance et le suivi des encours restent donc un travail à part entière.
Les contrôles se durcissent-ils ? #
Oui, et les résultats montrent pourquoi. La DGCCRF a contrôlé 882 établissements en 2025, dont 30 entreprises publiques, et relevé des anomalies dans 54,2 % des cas, contre 42,3 % l’année précédente.
La sanction la plus discrète est peut-être la plus coûteuse : en 2025, 1 290 entreprises ont vu leur cotation Banque de France dégradée en raison de leurs comportements de paiement. Or cette cotation est consultée par les banques et pèse sur l’accès au crédit. Payer en retard n’est donc plus un levier de trésorerie gratuit.
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Que faire côté comptabilité dès maintenant ? #
Le premier réflexe est de vérifier ses conditions générales de vente et ses factures. La fiche Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard de Service-Public rappelle les règles : 30 jours par défaut, et au maximum 60 jours à compter de la date de facture ou 45 jours fin de mois si c’est prévu au contrat.
Les pénalités de retard courent sans relance préalable. Pour le second semestre 2026, leur taux est de 12,40 %, soit le taux de refinancement de la BCE (2,40 %) majoré de 10 points. S’y ajoute une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros par facture impayée, qui doit figurer sur les factures.
Le second chantier est la facturation électronique. L’Observatoire travaille à évaluer ses effets sur les délais et à simplifier les obligations déclaratives des entreprises en la matière. Une facture qui transite par une plateforme est horodatée et suivie : c’est un argument de plus pour fiabiliser les dates d’échéance dans le logiciel comptable.
Enfin, une revue mensuelle de la balance âgée clients permet de repérer tôt les débiteurs qui glissent. Le rapport le montre : la moyenne s’améliore, mais ce sont les quelques mauvais payeurs qui tendent la trésorerie.
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Questions fréquentes #
Quel est le délai de paiement maximum entre entreprises ?
Par défaut 30 jours après la livraison ou la prestation. Par accord, jusqu’à 60 jours à compter de la date de facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit.
Combien coûte un retard de paiement au client ?
Des pénalités au taux de 12,40 % au second semestre 2026, plus 40 euros d’indemnité forfaitaire par facture, selon Service-Public.
Où lire le rapport complet ?
Le rapport 2025 de l’Observatoire est téléchargeable sur le site de la Banque de France.




